www.Payot.ch
Panier
contient 0 article(s)
Votre liste contient 0 article(s)
contient 0 article(s)
AccueilNos livresNos autres produitsNos LibrairiesNotre Entreprise
Recherche simple Recherche avancée Recherche par thème
Français | English
Dossiers d'actualité
Imprimer cette pageRéduire le texteAgrandir le texte

Th, l’atome vert


Joëlle Brack
11 novembre 2011

Dans L’atome vert, le physicien vaudois Jean-Christophe de Mestral dévoile les atouts d’un combustible nucléaire sage, mais snobé car trop pacifique …


Il existe un combustible nucléaire efficace, à radioactivité naturelle faible, à durée d’activité longue mais de pollution « brève », disponible partout et en quantité, qui ne produit que peu de déchets mais consume en revanche les déchets des autres combustibles, ne génère ni explosion ni de dégagements d’hydrogène, et ne pourrait pas s’emballer en fusions anarchiques même s’il le voulait. Il n’est le fruit ni d’une découverte récente (1829 !), ni d’un scénario de SF, ni d’un trip des ingénieurs de Fukushima : toutes les centrales actuelles à l’uranium pourraient fonctionner avec ce combustible depuis leurs débuts, en 1951. Il s’appelle thorium (comme le dieu Thor, son parrain norvégien), et… aucun pays n’en a voulu, car ses sous-produits sont pratiquement inexploitables pour l’armement atomique. C’est bête, mais c’est vrai. Et voilà pourquoi la quasi-totalité de la planète est aujourd’hui assise à côté de bombes à retardement (mais très en avance sur l’Apocalypse) déguisées en braves centrales fournissant philanthropiquement du courant aux blocs opératoires et aux chauffe-biberons. Or bien peu des citoyens électeurs et contribuables ont entendu parler du thorium, Th dit « l’atome vert ». Bizarre, surtout à un moment où l’idée de sortir du nucléaire titille moult gouvernements, nonobstant leur difficulté à proposer des solutions de remplacement rentables… Le physicien vaudois Jean-Christophe de Mestral tombe à pic.

L’homme n’a rien d’un Professeur Tournesol, bien qu’il soit physicien presque par goût, car ses activités le dirigent aujourd’hui plutôt vers l’économie et la finance. Par goût mais certes non en amateur, ses doctes études en Angleterre l’ayant conduit à une large connaissance du monde de la matière, de ses richesses et de ses caprices ! Et, en l’occurrence, à une certaine familiarité avec les réacteurs au thorium. Coiffé au poteau par les réacteurs à uranium pour la raison susmentionnée, et depuis passé à la trappe sauf pour les spécialistes, ce mode de production nucléaire presque propre n’a dû sa « chance » de refaire récemment surface qu’à des catastrophes : la raréfaction annoncée des combustibles classiques, les besoins grandissants des pays émergents, les dégâts environnementaux, les accidents de Tchernobyl puis de Fukushima.

Depuis quelques semestres à peine, les projets au thorium font donc partie des plans de développement énergétique de pays aussi significatifs que la Chine et l’Inde. Mais en Suisse, l’un des pays à avoir annoncé le plus nettement sa volonté de sortir du nucléaire classique dans la foulée de Fukushima, rien n’a été évoqué dans ce sens. Or, remarque Jean-Christophe de Mestral, ni l’énergie solaire et ses problèmes de stockage, ni l’énergie éolienne, trop peu rentable, ne vont prendre la relève de manière satisfaisante avant bien longtemps : pourquoi ne parle-t-on pas en attendant de l’ « atome vert » ? Certes nucléaire encore, mais sans aucun ou presque des inconvénients reconnus au nucléaire classique, il rassemble les scientifiques dans une unanimité rare quant à sa rentabilité et à sa gestion, maîtrisable aussi bien sur le court et le moyen que le long terme. Le physicien vaudois entreprend donc dans L’atome vert : le thorium, un nucléaire pour le développement durable (Favre, 2011) un état des lieux de l’exploitation concrète du thorium, de sa faisabilité et de son potentiel.

Tablant sur la porte laissée entrouverte par le Conseil Fédéral – la recherche reste possible – Jean-Christophe de Mestral espère bien susciter la prise en considération par les politiques d’expériences pilotes dans le domaine du thorium, et des réacteurs à haute température ou à sel fondu. Déjà bien avancée, car les scientifiques n’ont jamais abandonné même sans espoir de débouché, la recherche en effet serait assez proche du but effectif pour pouvoir prendre le relais des centrales habituelles dans les délais impartis par les décisions politiques de sortie du nucléaire. Et sans vendre son âme au diable, qui ne vaut vert que dans le dicton…

l'ouvrage
9782828912444.gif
Jean-Christophe de Mestral
Prix: CHF 25.00