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L’irrépressible pollution entraînée par l’explosion d’un puits de pétrole dans le Golfe du Mexique matérialise l’arrogance des apprentis-sorciers.

Ceux qui ont eu la chance de se baigner dans les vagues claires et tièdes du Golfe du Mexique sont horrifiés. Les autres aussi, sans doute : même ceux qui ne supportent l’eau que chaude dans leur baignoire et froide dans leur whisky observent sans joie la boue huileuse et noirâtre qui s’étend au large des côtes, menaçant la faune, la flore, le tourisme et l’économie, pour ne rien dire de la vie quotidienne, dans une région grande comme la France.
L’émotion passée, les regards se porteront ailleurs, et bientôt seuls les vacanciers qui rêvaient de plages douces et de climat tropical sur fond de cocktails multicolores y penseront encore. Outre sa beauté, faite de sable et de mangrove, la côte a cependant beaucoup à perdre, car le déversement d’une trentaine de cours d’eau importants et un phénomène de brassage entre eaux fraîches et eaux tièdes appelé upwelling y permettent une température et une richesse en nutriments très favorables aux poissons et crustacés, donc à la pêche, vitale dans toute la zone. La Louisiane, encore sous le coup de Katrina, voit donc s’approcher un nouveau désastre, économique et écologique, car les réserves naturelles et les bayous sont déjà atteints – les spécialistes estiment à un quart de siècle le temps nécessaire à l’écosystème pour « digérer » la marée noire…
Comme toujours dans ces cas-là, la compagnie pétrolière responsable de la catastrophe a commencé par minimiser, jugeant que l’explosion et le naufrage de la plateforme – onze morts, tout de même – ne générait qu’une « pissette » de pétrole, pas de quoi engluer un albatros, d’ailleurs une des trois fuites a été colmatée en deux semaines, et qu’est-ce que c’est que quelques milliers de tonnes de brut dans un golfe d’un million et demi de km2, et pour le forage le plus profond jamais réalisé ? Mais que fallait-il espérer d’une compagnie qui en 2009 empêcha l’État fédéral d’imposer aux forages offshore des normes de sécurité plus strictes, jugées « non nécessaires » [sic]. Aux journalistes du Wall Street Journal, le responsable des plateformes BP dans le Golfe du Mexique répondit alors froidement que « tous les accidents sont évitables, et s’ils arrivent tout de même on juge la compagnie concernée sur ses capacités à les enrayer. »
Alors bon, on juge. On juge de l’atermoiement, qui fait gagner du temps mais perdre tout le reste, dont, affreux détail, cinq mille barils de brut par jour. On juge de la fameuse cloche de rétention de 125 tonnes, soi-disant créée avec amour pour l’occasion et amenée sur place en… dix jours – ou plutôt déjà prête « au cas où » ? On juge des ingénieurs qui découvrent, bien étonnés, que la fuite de naphte génère en profondeur de l’hydrate de méthane [tiens, jamais remarqué] à une température frisquette [quel culot], et que tout ça fait sous le dôme des cristaux qui empêchent le colmatage. Mais, même pas grave, on n’a qu’à y faire couler de l’eau chaude, qui a dit que les ingénieurs de BP n’avaient pas d’ingénieuses grands-mères ? N’empêche : baptiser Deepwater [« eaux profondes »] une plateforme dite insubmersible, c’était mal calculé depuis le départ…
Cinq mille barils, 800'000 litres de pétrole, c’est chaque jour l’essence que consomme la Suisse en deux mois : depuis l’explosion du puits, le 20 avril, voici donc plus de deux ans de consommation helvétique dans la nature. Damned : si nos descendants doivent se remettre à marcher, chevaucher ou pédaler deux ans – ou trois, ou quatre, au train où va le sauvetage – plus tôt que prévu, on saura que c’est à cause de ça ! En attendant, ça peut tout de même permettre de visualiser ce que, en conducteurs avisés et même parcimonieux, nous dispersons dans la nature, nous aussi, en deux ans, à coup de voitures « vertes », motos « propres », mobylettes légères et tondeuses à gazon high-tech. Depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics, les briquets sont heureusement hors de cause.
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Christian Bocard, Editions Technip, Broché, 2006, 295 pages
Prix : CHF 178.30
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Gary Shteyngart, Editions de l'Olivier, Broché, 2008, 413 pages
Prix : CHF 34.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
David Goodstein, Buchet-Chastel, Écologie, Broché, 2005, 155 pages
Prix : CHF 23.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Maud Fontenoy, Editions du Chêne, Ecolo, Broché, 2009, 127 pages
Prix : CHF 27.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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