La campagne officielle pour les
élections législatives du 9 avril prochain a démarré le 11 février dernier. Cette campagne oppose l'actuel président du conseil italien
Silvio Berlusconi et le candidat de la coalition de centre-gauche, ancien président de la Commission européenne,
Romano Prodi. C’est aussi l’occasion de se pencher sur ce pays à travers trois publications récentes.
Dans son livre
L’Italie de Berlusconi,
Huges Porelli dresse un portrait à charge d’il Cavaliere. Pour l’auteur, cette figure, totalement atypique, que l'on verrait plutôt s'épanouir dans les ex-pays communistes ou en Amérique latine, a imprimé sa marque à la vie politique et à la société italiennes. Première fortune d'Italie,
self-made man enrichi à l'ombre de la Première République, il a commencé par faire main basse sur l'audiovisuel italien. En utilisant son réseau d'entreprises pour créer un parti politique d'un nouveau type et en s'alliant avec les exclus du système, il a réussi à former une coalition qui dirige le pays depuis cinq ans. L'Italie s'enfonce dans une crise économique et sociétale sans précédent, mais Silvio Berlusconi, sauvé par des institutions qu'il n'a pas forgées, est toujours là. Il est parvenu à préserver son empire et son impunité, malgré la haine tenace que lui voue la Magistrature. Promoteur d'un style de communication qui repose sur la vulgarité et la dépolitisation, aidé par la crise permanente de la gauche italienne et la lassitude d'une société vieillissante, il semble désormais en fin de cycle.
De son côté,
Marc Lazar, dans
L’Italie à la dérive, s’interroge sur les raisons qui ont pu permettre à l’Italie d’accoucher du phénomène Berlusconi. Pour l’auteur, l’argent, la télévision, le foot et les affaires ne sont que les pièces d’un puzzle autrement compliqué. Car la dérive de l’Italie de Berlusconi est annonciatrice de celle qui touche l’Europe occidentale. Marc Lazar montre comme la crise du système politique à permis l’apparition du Silvio Berlusconi, comment cet « antipolitique » revendiqué est devenu un fin manœuvrier, comment il a transformé la démocratie transalpine, comment il est à la fois moderne et rusé.
Enfin, dans une perspective plus historique,
Pierre Milza a publié en 2005 une excellente
Histoire de l’Italie qui retrace chronologiquement l'histoire de l'Italie, de la Rome antique à l'Italie d'aujourd'hui.