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Avec l’été s’engourdit le rythme des parutions…
Mais, dans les musées, l’écriture vit et palpite sous bien des formes !

Jusqu’au 14 septembre, la Fondation Bodmer de Cologny [GE] présente la collection particulière d’Anne-Marie Springer : un choix de lettres intimes signées des noms les plus prestigieux. Heureux ou malheureux, amoureux ou déçus, enthousiastes ou rêveurs, les épistoliers d’un jour ou de toujours se sont donné rendez-vous pour une ode à l’intimité – qui n’est nullement de l’indiscrétion, la Fondation n’entretenant que de fort lointains rapports avec Gala ! Les écrivains évidemment [Théophile Gautier, Sade, Éluard, Camus, Châteaubriand], mais aussi d’augustes personnages : Napoléon, Malherbe ou Diane de Poitiers, et des artistes comme Marlène Dietrich, Chopin ou Elvis Presley dévoilent, l’espace d’un instant, quelques mots de leur vie intime. Des confidences, des jugements, des questions sans réponse s’entrecroisent, créant peu à peu un univers à part, à la fois douillet – la confiance est manifeste, spectateur n’est pas voyeur – et tourmenté, non dénué d’humour souvent, non exempt de drame parfois : Dis-moi que tu m’aimes, supplie Romain Gary, même si ce n’est pas vrai. On aurait presque ignoré, avant de voir ces lettres dans leur délicate mise en situation, que Jouvet, Churchill ou Mesrine avaient eu, eux aussi, une correspondance personnelle… Mais l’écriture, privée ou vouée à la publication, se découvre au fil des vacances dans bien d’autres lieux : si votre fantaisie vous guide près de l’un ou l’autre, ne manquez pas de faire un léger détour !
Les doigts pleins d’encre
À Paris, dans la Galerie de Nesle, l’Histoire avec un grand H – un endroit ainsi baptisé, de plus au cœur du Quartier Latin, y était prédestiné ! – vient à la rencontre du curieux à travers quelque deux cents cinquante documents originaux : au Musée des lettres et manuscrits, une partition de Mozart voisine avec un poème d’Éluard, une formule d’Einstein répond à un message codé d’Eisenhower, et soudain les mots figés par les manuels scolaires prennent vie, éclairent et racontent ! Plus près, à Lyon, le Musée de l’imprimerie est un monde en soi. Terre protestante, plus favorable aux idées nouvelles, la ville au confluent du Rhône et de la Saône a toujours tissé le fil des mots comme le fil de soie, et partage volontiers la richesse de son patrimoine : livres anciens replacés dans leur contexte, ateliers créatifs, collections de caractères historiques [les « vrais » Didot !], expositions dédiées aux designers de typographie numérique, tout ce qui touche à l’aventure de l’imprimé y est en perpétuelle ébullition ! Plus près encore ? En Suisse romande, à Chavannes-près-Renens, des mordus de la typo traditionnelle, avec ses imposantes machines, ont créé Encre & Plomb, un atelier-musée qui a récupéré in extremis les techniques artisanales et le matériel en perdition de l’imprimerie qui, cinq siècles durant, a permis de diffuser les affiches de Molière et le catalogue Manufrance, le Manifeste de Marx et les chansons de Gilles… Et ça marche toujours, toutes sortes de documents jaillissent régulièrement des vieilles linotypes vaudoises, venez essayer !
Les paroles s’envolent…
Mais qui dit impression dit papier, et si « les écrits restent » c’est bien parce que l’homme a mis la main à la pâte de bois ! À St-Alban, un quartier de Bâle, l’un des moulins à papier mis en œuvre par les moines au XIIe siècle est toujours en activité : chacun est invité à y tirer une feuille et à l’imprimer selon les techniques anciennes, mais aussi à découvrir l’art de la reliure ou la fonte des caractères. Et pourquoi ne pas mettre à profit ce passage en terres alémaniques pour aller jeter un coup d’œil aux bibliothèques des couvents de Saint-Gall ou d’Einsiedeln, afin d’admirer les splendides ouvrages sortis de ces presses ? À moins qu’une passion plus contemporaine vous anime, et que vous ne vous découvriez une vocation de feuilletoniste en visitant le Musée de la machine à écrire ! Certaines de ces huit cents honorables vieilles dames, qu’un collectionneur passionné et son fils se sont ingéniés à restaurer, sont d’alertes centenaires… Plus radical, le Musée de la communication, à Berne, ne s’est pas arrêté aux seules décennies [1868-1980 env.] qui virent le triomphe des Hermès et des Olivetti, mais plonge directement jusqu’aux origines du papyrus et de la plume d’oie pour ne ressortir qu’aux immatériels textos et courriels ! Des moyens commodes et rapides, mais qui n’ont pas évidemment le charme d’un message manuscrit : hélas, le merveilleux Musée du Stylo, à Paris, a été pillé il y a quelques années, et sa collection revendue par la maffia russe à des collectionneurs peu scrupuleux… Mais, puisqu’on parle d’argent, peut-être qu’un petit coup d’œil à l’histoire du papier-monnaie intéressera les détenteurs de cartes de crédit ? C’est à Berne, dans le Kaiserhaus, que la Banque Nationale a créé ce petit coffre-fort historique qui vaut son pesant d’or ! I
| 1) |
Lucien-X Polastron, Imprimerie Nationale, Broché, 1999, 221 pages
Prix : CHF 93.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Mary Reimer, Heidi Reimer-Epp, Dessain et Tolra, Broché, 2001
Prix : CHF 27.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Tristan Gaston-Breton, Le Cherche midi, Beau Livre, 2007, 141 pages
Prix : CHF 59.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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