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À ceux que fait ricaner l’expression « marine suisse » [«Ça flotte, les meules de gruyère ?» etc], Alinghi a fait un drôle d’effet. Des armaillis qui raflent la Coupe de l’America à des pirates, quand même… D’autant que « l’Aiguière », une babiole d’argent massif au curieux design pseudo-Renaissance victorien, n’avait jamais navigué qu’entre clubs nautiques américains, exceptionnellement néo-zélandais - et surtout jamais revu son Europe natale depuis la toute première compétition à laquelle elle ait donné son nom, en 1851 ! Truffé d’innovations technologiques Made in EPFL Switzerland et barré – quand même – par des « vrais » marins directement importés des embruns, Alinghi a donc surgi de nulle part et, pendant que les voileux se frottaient les yeux, coiffé tout le monde au poteau. Mais bon. Ça, c’était il y a quatre ans, et pour le refaire il va falloir ramer. Le vrai défi, c’est maintenant ! Et quand les voiliers les plus perfectionnés du monde sont au rendez-vous de Valence 2007, les livres ne sont pas en reste.
Avez-vous déjà essayé de photographier le soleil à midi ? Une flaque de pluie au moment où elle est traversée par un bus ? Une hirondelle du haut d’une balançoire en mouvement ? Un accident depuis la piste rapide de l’autoroute ? Pour les photographes de compétition nautique, il y a de tout ça dans un cliché de régate – tout ça en même temps. Trempés, grillés ou gelés, aveuglés, pendus par un pied au grand mât, retenant des dents leur précieux sac à photo pendant que de l’orteil gauche ils dégagent l’objectif griffé de sel, ils réalisent dans des conditions parfois acrobatiques les superbes images qui illuminent les beaux livres : sereines ou tempétueuses, embrumées ou lumineuses, respirant la vie et l’aventure – et, bien sûr, parfaitement nettes. Y’a un truc ? Probablement. Car, contrairement à leurs confrères qui pensent que l’armée US en Irak est un YMCA, ou qui s’obstinent dans la solidarité avec Aung San Suu Kiy, les photographes de régates ne meurent pas souvent sur le terrain ! Et c’est tant mieux, car ils permettent aux marins d’eau douce – ou même moins – de s’offrir des sensations fortes comme s’ils y étaient, tout en se remplissant les yeux de luxe et de beauté, cocktail idéal que ne permettent ni le rugby ni la pétanque…
La Coupe de l’America, avec ses voiliers splendides et ses défis féroces, est évidemment l’un des plus beaux moments pour les professionnels du cliché mouillé. En 2003, Thierry Martinez, photographe officiel du Team Alinghi, et Philippe Schiller s’en sont donnés à cœur joie, exploitant les vagues les plus spectaculaires comme le moindre tour de winch pour mettre en valeur l’aventure du fameux équipage de Bertarelli que personne n’attendait. Résultat : un bel album paru aux Éditions Favre à peine sablé le champagne de la victoire, et resté unique en son genre étant donné l’invraisemblance de cette histoire d’outsiders – plus, peut-être, un léger agacement des éditeurs habitués à mettre en valeur les yachts d’acajou des chantiers navals de Portsmouth plutôt qu’une coquille en fondue moitié-moitié [carbone et… chut !] mijotée à l’EPFL ? Toujours est-il que l’accueil réservé à cet ouvrage a encouragé Favre à réitérer l’expérience, avec l’avantage de pouvoir soigner le détail et la qualité, maintenant que la notoriété a remplacé l’effet de surprise. Actualité oblige, la maquette – tiens, comme un bateau – attend maintenant le résultat des courses pour la mise sous presse, prévue pour fin août ! Le titre ? Alinghi, tout simplement, comme l’autre - il n’y a que Bertarelli pour changer une équipe qui gagne……
En attendant, l’ambiancede plus en plus chaude de Valence où, depuis Pâques, les meilleurs se mesurent sans se faire de cadeaux, incite à se plonger dans quelques récentes et magnifiques rétrospectives de la Coupe de l’America, le plus ancien trophée sportif du monde [si l’on excepte la pierre d’Unspunnen bien sûr !]. Outre le plaisir des yeux, notamment avec le très riche America’s Cup, une histoire [La Martinière, 2006], ce n’est pas inutile car le monde des régates est relativement complexe, et la doyenne des compétitions plus que toute autre, d’où l’hermétisme de certains résultats. Mais dès le samedi 23 juin 2007, tout sera redevenu très simple : les deux derniers concurrents s’affronteront au cours de cinq manches, et que le meilleur gagne, alors à l’abordage ! Pour info : Emirate Team New Zealand, le challenger pour cette 32e édition, vient de remporter sans discussion la Coupe Louis Vuitton, un cycle de régates éliminatoires qui sert à qualifier l’unique opposant au vainqueur précédent de la Cup, ou defender. Considérant la raclée que les Néo-Zélandais se sont pris la dernière fois [5-0, pour éviter toute ambiguïté], et devant leur public, ils ne feront pas de quartiers ! Les photographes de la compétition vont donc pouvoir faire merveille, d’autant qu’à cette saison l’océan est un peu plus fréquentable au large de Valencia que dans la baie d’Auckland, et du 23 juin au 4 juillet le spectacle s’annonce de toute beauté ! C’est vrai que ça coûte aussi cher qu’un Mundial, une Coupe de l’America, mais c’est tellement, tellement plus esthétique…I
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Erik Orsenna, Seuil, Broché, 2005, 252 pages
Prix : CHF 28.40
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Joseph Conrad, Editions Autrement, Littératures, Broché, 1998, 221 pages
Prix : CHF 30.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Alexander Kent, Editions Phébus, Libretto, Poche, 2006, 315 pages
Prix : CHF 16.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Jules Verne, LGF/Le Livre de Poche, Le livre de poche, Poche, 2002, 508 pages
Prix : CHF 11.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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